Troisième Vie
  J-1 à J+14
 

By-pass gastrique Roux-en-Y (cœlioscopie) pratiqué par le Dr Blaser à Nyon le 23.06.2008

 

 

J-1 (22.06.08) :

 

-    Je ne suis toujours pas inquiète. Je prends diverses mesures  (tour de cou, poitrine sans s-gorge, sous les seins, bras, taille, hanches, cuisses, genoux, poids) et fais des photos de moi sous toutes les coutures.

-     Je prépare mes affaires pour l’hôpital.

-    Je passe une partie de l’après-midi à la piscine avec des amis et visite ensuite mes beaux-parents adorés pour profiter au maximum de cette dernière journée avant de tourner une nouvelle page.

 

Jour J (23.06.08) :

 

-      6h15 : réveil, habillement et… Départ !

-     6h55 : arrivée à l’hôpital, on m’emmène dans une chambre au service ambulatoire, me demande de mettre la blouse adéquate et de retirer mon alliance. On me donne un tranquillisant. Mon Ange est à mes côtés, comme toujours.

-     8h15 : on m’emmène au bloc. Là-bas on me met une perfusion, me place sur la table d’opération où je me sens très mal installée, on prend ma tension et ma saturation. Après ça on me met un masque sur la bouche pour que je parte au pays des rêves.

-    15h30 : Salle de réveil. Je sors de mon coma. Constat n°1 : j’ai mal au dos. Constat n°2 : j’entends parler des médecins au pied de mon lit, ils disent qu’on m’emmènera aux soins intensifs vers 16h30. Quoi… ?! Il est si tard, que s’est il passé ? Ont-ils prévenu ma moitié ? J’essaie d’appeler  ces gens pour le leur demander. Ils me répondent qu’il y a eu une complication mais que tout est ok et qu’ils vont appeler mon mari pour le prévenir et qu’ils me le passeront pour que je puisse le rassurer. Ils me disent que mes muscles ne voulaient pas se décontracter ce qui les a obligés à m’anesthésier bien plus que la normale. On me passe mon Ange. Je lui retranscris à peu près ce qu’on vient de me dire. A ce moment là je fais un dernier constat : Ouf, je suis revenue !

-     Vers 17h on m’emmène aux soins intensifs. Je crève de mal. Je n’ai pas mal au ventre mais mon dos me fait souffrir le martyre. J’essaie de le gratter et HORREUR je n’ai plus de sensibilité sur 15cm en hauteur et 30cm en largeur au niveau de la ceinture. À ce moment là je panique, cette sensation de mal qu’on ne peut soulager me fait extrêmement peur.  J’ai une sonde gastrique dans une narine, de l’oxygène dans l’autre, une perfusion au bras g (tiens, d’ailleurs, ma perfusion a changé de côté…), une manchette de tensiomètre greffée au bras qui me prend la tension toutes les 10min, un drain au milieu du ventre et une sonde urinaire. Je crois que c’est la fin tellement j’ai mal. On me donne de la morphine cependant j’apprendrai par la suite qu’on aurait pu m’en donner bien plus. Je dis qu’il faut absolument qu’on m’asseye car mon dos souffre à cause de la pression exercée. Le médecin regarde et en déduit que s’il est blessé c’est à cause du nombre d’heures passées sur le billard. Les tissus ont été comprimés et la couche supérieure complètement désaturée donc insensibilisée et abîmée. Les douleurs à l’intérieur sont probablement musculaires. Je n’ai pas le droit d’être assise mais légèrement sur le côté. J’ai la bouche si sèche que quand je passe mon doigt sur ma langue on dirait du caillou. On me donne un brumisateur pour éviter que j’étouffe. Ma moitié arrive enfin, ça fait tellement de bien. Je regarde l’horloge qu’ils ont eu la mauvaise idée de mettre face à mon lit. Je ne peux en aucun cas dormir. Je regarde l’heure toutes les dix minutes en me disant qu’on n’a pas le droit de faire ça à un être humain. La nuit passe. Je pleure des heures entières ce qui a pour conséquence de m’étouffer vu que mes deux narines sont occupées.

 

J+1 (24.06.08) :

-     À 8h une gentille infirmière me fait une sommaire toilette. J’exige qu’on m’asseye car tout va bien pour mon ventre et que seules les douleurs du dos font que je vais mal. DELIVRANCE : On me met dans une chaise roulante. Je vais nettement mieux. J’attends patiemment, je n’ai que ça à faire. On m’amène une télé mais je suis tellement crevée que je regarde sans rien comprendre. Ils décident de m’emmener à la radio pour voir si je ne « fuis » pas. Arrivée là-bas je dois me lever et attendre 10 minutes debout. On me fait boire 3x une grande gorgée d’un liquide qui pue le pastis. Bonne nouvelle, tout  est en ordre. On m’enlève l’horrible sonde gastrique et on m’autorise enfin à boire. J’ai le droit à 40ml/h. On me monte en chambre vers 14h. Mes règles arrivent alors qu’on m’avait certifié qu’au vu de l’anesthésie elles n’arriveraient pas ! Il ne manquait plus que ça ! On me pèse ; stupeur ! 145 kg alors que j’en faisais 140,900 avant l’opération! On m’explique que c’est tout à fait normal. Je me mets assise dans le lit. Mon transit se remet en route. J'ai de gentilles visites. Vers 3h du matin je tousse et expulse une grande quantité de liquide à l’odeur immonde droit dans mon lit (les premières selles mais complètement liquides). Je pleure car je me sens honteuse. J’appelle l’infirmière et elle est plus que gentille avec moi. Elle me toilette, change mon lit et me rassure. Elle me dit même qu’elle est contente car ça prouve que je vais bien, que tout se remet en route. Il y aura un deuxième incident vers 6h00 du matin.

 

J+2 (25.06.08) :

-      Je suis plus que crevée, mon dos me fait mal, me gratte, me brûle et rien ne me soulage vraiment. L’infirmière me donne un antihistaminique et MIRACLE, je me sens mieux. Je demande qu’on arrête la morphine, j’ai peur de devenir « accro ». Durant tout le séjour mon mari vient me voir midi et soir, c’est l’homme le plus merveilleux du monde. Cette journée est extraordinaire, mis à part mon dos je me porte comme un charme. Le seul hic c’est que je suis en alerte constante tellement j’ai peur de me faire dessus. J’ai de charmantes visites et je me sens bien.  Mon mal de dos est enfin supportable. Je demande même au Dr de pouvoir aller fumer. Il me dit qu’un infirmier m’emmènera en fauteuil roulant quand il aura le temps. Je lui rétorque que je me sens assez bien pour me lever et y aller moi-même. VICTOIRE ! Aujourd’hui je bois 80ml/h. Le soir on me donne 80ml de bouillon. J’arrive pour la première fois à aller aux toilettes quand je le désire. L’odeur est nauséabonde et ce n’est toujours que liquide. J’ai beaucoup de mal à lire et à me concentrer sur la télé. Les discussions ne me posent néanmoins pas de problème. On m’enlève enfin la sonde urinaire vers 18h. Je demande illico à prendre une douche. On m’accorde une douchette à partir du pubis (pas simple de se mouvoir étant donné que j’ai encore une perfusion et le drain au niveau du ventre). Une dame âgée intègre ma chambre, elle est très gentille. Première nuit où je dors vraiment. Toujours sur le côté mais au moins 7h !

 

J+3 (26.06.08) :

-      Je suis déçue que mon dos ne se répare pas plus vite. On m’applique des patchs de Flector qui me soulagent grandement. On me débranche entièrement (plus de perfusion, plus de drain). Je me sens super bien à part ça. Je prends ma première douche complète, quel soulagement ! À midi j’ai droit à mon premier repas. 20g au total réparti entre du fenouil liquide sans sel, du poulet plus que mixé et des pâtes plus que mixées sans sel… J’ai réussi à en manger les ¾. Après le dîner j’ai même fait une sieste. Le soir j’ai eu les mêmes aliments fadasses mais j’ai réussi à en manger les 4/5. Manger ne me fait pas mal mais me ballonne beaucoup. Je n’ai aucune sensation de faim. J’ai eu une visite en plus de celles de mon chéri. Je m’endors comme un bébé. En plus c’est la première nuit où on ne me réveille pas toutes les 2h pour les constantes. Juste 2x dans la nuit. Le rêve !

 

J+4 (27.06.2008) :

-     Les médecins sont vraiment très contents de mon bon état général. Ils sont étonnés de mon énergie (je fais mon lit toute seule, me balade régulièrement dans les couloirs, descends les escaliers...). Je commence à être très impatiente de rentrer à la maison. Mon chirurgien me dit qu’au vu de mon excellent état je pourrai « normalement » rentrer demain. Yess ! Premier déjeuner : 20g de yogourt caramel (Super… Encore un aliment que je n’aime pas…). En tous les cas c’est le premier repas que je mange en entier. Je suis une grande fille ! Ma colocataire rentre chez elle. Aujourd’hui je pète la forme ! Les deux autres repas se passent à merveille, je les mange entièrement. Je reçois des visites qui n’en reviennent pas de ma bonne santé. Le soir je regarde la télé et je dors bien.

 

J+5 (28.06.2008) :

-     Je me lève à 6h, me douche, m’habille et prépare toutes mes affaires. Les médecins passent et rigolent en voyant que tout est prêt pour mon départ. Ils cèdent et préparent mes documents de sortie. À 11h10 je suis chez moi, quel bonheur ! La journée se déroule sans problème je mange mes 20g midi et soir, vois des amis et rejoins Morphée sans difficulté.

 

J+6 (29.06.2008) :

 

-     Tout va bien, je n’ai aucune douleur au niveau du ventre, pas de nausée et je mange 30g par repas pour la première fois. Seul bémol : après le petit déjeuner l’ouverture du milieu (sous le trou du drain) commence à suinter. Je m’inquiète un peu car on ne m’avait pas avertie que cela pourrait se produire. Cela dure 5 minutes puis s’arrête. Je désinfecte et remets un pansement. Rien d’autre pour cette journée !

 

J+7 (30.06.2008) :

 

-      Tout va toujours très bien à part qu’après le dîner le suintement d’hier à repris de plus belle. J’ai épongé pendant plus d’une heure avant de me décider à appeler le chirurgien. Il m’a dit de venir le voir pour vérifier vers 17h. J’y suis allée et l’écoulement est normal. Il a changé mes pansements et m’a donné rdv jeudi pour enlever agrafes et fils. Pour le moment j’en suis à -10.8 Kg si on compte la perte totale depuis l’augmentation de mon poids due à l’opération ou  -6.7 Kg si on compte à partir de mon poids initial avant opération.

 

J+8 (01.07.08) :


-      Beaucoup de fatigue. Je mange 40g maintenant. Tout va bien.

 

J+9 (02.07.08) :


-      On m’a enlevé les agrafes et fils aujourd’hui. On m’a mis quelques petits scotchs qui devraient se détacher quand je prendrai une douche demain. À peine rentrée une des cicatrices (la même qu’avant hier) commence à suinter tout à coups énormément (écoulement continu comme un robinet). Je remets un pansement car le flot est excessif. La plus grande cicatrice saignotte un peu. J’éponge mais ça passe. Sinon tout va bien. Mon dos est toujours douloureux mais supportable. Je mange 50g.

 

J+10 (03.07.08) :


-      Drôle de réveil… Mon lit est taché de sang. La grande cicatrice a un trou béant en plein milieu. Je doute qu’on ait attendu assez avant de m’enlever les agrafes. Ça fait vraiment chier. L’autre cicatrice qui suintait a bien tenu sous le pansement. Après en avoir fait part au chirurgien, il me dit qu’il n’y a rien à faire, seul le temps refermera les plaies. Bon, ok… Alors on reste comme ça même si je trouve ça vraiment… Comment dirais-je… Béant !

-    Je trouve néanmoins la force de faire mon repassage et aide mon chéri pour le ménage. Fière de moi ! Mes forces et ma mobilité me reviennent petit à petit.

 

J+14 (07.07.08) :

 

-      Je peux enfin me coucher sur le dos plus de 5 minutes sans hurler. Yess !

-     Première baisse de moral. Je n’ai toujours aucune sensation. Ni de faim ni de satiété. Du coup je me sens vide en permanence et j’ai l’impression que seul le sommeil règle ma vie. Je n’ai plus envie de manger liquide. Demain je commence le « hâché ».

 
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