Troisième Vie
  Qu'est-ce que le bypass?
 

 

Le by-pass gastrique

 

Cette opération combine le coté restrictif alimentaire et malabsorptif (moindre assimilation des aliments par l’intestin). Il s'agit d'une intervention définitive.

 

1. Le fonctionnement

 

Une petite poche gastrique est créée par agrafage. Sur cette poche est suturée une portion de l’intestin grêle de telle sorte qu’environ 1m10 d’intestin soit court-circuité et ne reçoive plus d’aliments. L'intestin est sectionné à environ 50cm de son origine. Cette portion d'intestin est appelée "l'anse biliaire". La portion d'intestin suturée au réservoir gastrique et recevant uniquement les aliments mesure entre 1m et 1.50m de longueur et est appelée "l'anse alimentaire".

L’intervention est classiquement réalisée par voie coelioscopique (petits trous) mais est techniquement plus difficile qu’une gastroplastie. La durée opératoire avoisine les 2h30. La durée de séjour post-opératoire est de 6-7 jours. Les complications post-opératoires immédiates sont rares. Elles sont néanmoins plus fréquentes et plus sévères (fistules, abcès, péritonites) que lors d'une gastroplastie.

Cette intervention est essentiellement restrictive car elle limite la quantité des aliments qui entrent dans l’estomac (le nouvel estomac est de 20ml alors que l’estomac d’origine est de 2000 ml en moyenne). L'effet malabsorptif de l'opération sera en fonction de la longueur de ce segment intestinal.

2. Les inconvénients

 

a.  Régime a vie

  (limiter les sucres et les graisses pour éviter les dumpings syndromes)
  Changement radical de mode de vie alimentaire.

b.  Le reste de l'estomac ainsi que les voies biliaires ne sont plus accessibles à une investigation endoscopique.

c. Le principal effet secondaire est le « Dumping Syndrome » : l’irruption brutale et rapide d’aliments sucrés ou trop gras dans l’intestin grêle peut provoquent nausées, crampes, sueurs et diarrhée survenant quelques minutes après ce type de repas. La suppression de repas sucrés ou trop gras peut diminuer fortement ces symptômes.

d. Irréversible.

e. Les déficiences nutritionnelles sont plus fréquentes avec le by-pass qu’avec la gastroplastie (anneau) en raison de l’exclusion du duodénum et de l’estomac. Il existe un risque de carence en : fer, calcium et vit B12. L’apport de protéines est souvent insuffisant. La prise de gélules à vie est nécessaire.

La perte de poids moyenne correspond à une perte de 70% de l’excès pondéral au bout de 12 à 18 mois et se maintiendrait entre 60 et 80% au bout de cinq ans.

 

3. Les modalités

 

Cette opération est considérée comme étant la plus adéquate pour les personnes supra obèse (Au delà d’un IMC de 40). Réservé il y a peu de temps encore aux très grosses obésités, cette technique prend de plus en plus d'essor. Cette intervention est proposée d'emblée en première intention aux obèses grignoteurs, aux obèses dont l'IMC est élevé, et aux échecs des gastroplasties par anneau.

 

Des conditions précises doivent être remplies pour que l’assurance prenne en charge cette intervention :

-BMI 40 avec comorbidités associées ou 35 avec comorbidités associées et argumentées.
-Age entre 18 et 60 ans.
-Obésité installée depuis plus de 5 ans.
-Essais multiples et médicalisés de perte de poids par des traitements conventionnels soldés par des échecs.
-absence de contre – indication opératoire ou psychiatrique.
-Motivation du patient et capacité à comprendre en quoi consiste l’intervention et quelles sont les conséquences.
-accord multidisciplinaire du chirurgien, du psychiatre, des médecins spécialistes, pneumologue et cardiologue, endocrinologue, gastroentérologue, anesthésiste, nutritionniste et psychothérapeute.


Le suivi est assuré au minimum par le chirurgien, la nutritionniste, le médecin généraliste et la psychothérapeute selon les besoins et la demande (acceptation de sa nouvelle image et changement de sa qualité de vie).

4. Les contre–indications

Les maladies inflammatoires du tube digestif.
Les maladies organiques graves.
D’importants troubles psychiatriques.

 

5. Le suivi


a. Le patient est vu en consultation post-opératoire entre le dixième et le douzième jour pour l’ablation des points.
b. Un bilan biologique est assuré autant de fois que nécessaire, car suite à l’intervention des carences en fer, folate et vitamine B12 peuvent apparaître et sont corrigées par une prise journalière de multivitamines.
c. Les rendez-vous de suivi se déroulent comme suit :
    - 1 fois tous les mois durant 6 mois.
    - Une fois tous les trois mois la deuxième année.
    - Une fois tous les six mois la troisième année.
    - Une fois tous les six mois les autres années.


6. Les risques

Le pire risque est le décès. Taux de mortalité de 0,4 % évalué à partir de 1OOO cas.

Les risques à court terme (les six semaines suivant la chirurgie) sont énumérés ci-dessous:


a. Infection de la plaie : 20 % avec la méthode chirurgicale ouverte et 0,5 % avec la méthode par laparoscopie.
b. Infection de l'abdomen : (péritonite) causée par une fuite aux points de sutures du nouvel estomac : 2 %
c. Saignement : 1 %.

Les risques à long terme, soit après les six semaines suivant l’opération :

a. L’hernie au niveau de l’incision : 20 % selon la méthode chirurgicale ouverte et 0,5 %   selon la méthode par laparoscopie.
b. Occlusion intestinale : 2 %
c. Rupture des points de suture du nouvel estomac : 2 %
d. Sténose de l'ouverture gastrique : 5 %
e. Ulcère de l'estomac : 2 %
f. Autres (intolérance alimentaire, déficience en fer, en calcium, en vitamine B12) 10 %

7. Avant la chirurgie


La chirurgie bariatrique est comme toute autre chirurgie majeure. La meilleure façon de s'y préparer est d'en comprendre les risques potentiels et les avantages et de suivre les directives de l’équipe soignante.

Préparation :


a. Comprendre le processus chirurgical et les conséquences qui en découlent.

b. Parler avec des personnes qui ont déjà subi une chirurgie bariatrique.
c. Cesser de fumer au moins un mois avant la chirurgie.
d. Suivre à la lettre les directives de l’équipe soignante quant à la prise de vos autres médicaments.
e. Arriver à l'heure à l'hôpital avec vos effets personnels.

Planification :

Au cours des semaines précédant votre chirurgie, vous aurez besoin de temps pour planifier votre séjour à l'hôpital. Prévoyez de séjourner à l'hôpital en moyenne 7  jours. Vous aurez peut-être besoin de quelqu'un pour prendre votre relève pendant votre séjour à l'hôpital et ensuite pendant votre convalescence à la maison (par exemple, prendre soin des enfants, gérer votre entreprise, etc.). Vous devriez également prévoir qui pourra vous conduire à l'hôpital et vous ramener à la maison.

 

Voilà, cette explication n’est sans doute pas complète mais j’espère qu’elle vous aura aidé à y voir plus clair ! En cas de question n’hésitez pas à me laisser un message, je tâcherai alors d’y répondre au plus vite.

 

Bien à vous.

 

Soleilette.

 
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